EN

Plan d’urbanisme

Adopté le 7 juillet 2000

Voilà près de vingt ans, le Gouvernement du Québec adoptait la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme pour encadrer l’élaboration et l’application des règles relatives à l’aménagement du territoire et à l’urbanisation au Québec.

Une centaine de municipalités régionales de comté (MRC), dont la MRC de Papineau, étaient créées pour poser le premier jalon de la démarche : le schéma d’aménagement régional. Au terme d’un processus d’analyse et de consultation publique, le premier schéma d’aménagement de la MRC de Papineau entrait en vigueur le 30 avril 1987.

Dans cette foulée, la municipalité de Lac-des-Plages procédait à l’élaboration d’un plan et de règlements d’urbanisme qui entraient en vigueur le 11 janvier 1991. Ces documents de planification donnaient aux citoyens de la municipalité les outils nécessaires pour orienter le développement de leur collectivité. À la fois unique et partie d’un tout, la municipalité de Lac-des-Plages a pu faire ressortir ses particularités locales en harmonie avec les préoccupations régionales.

Au cours des quatre dernières années, Lac-des-Plages, de concert avec les autres municipalités de la MRC, a travaillé activement à la préparation du deuxième schéma d’aménagement. Ce schéma révisé a été adopté le 15 octobre 1997 et est entré en vigueur le 25 février 1998.

La MRC de Papineau est maintenant à la fine pointe du développement durable, notamment grâce à la contribution d’un cadre écologique de référence produit en collaboration avec le ministère de l’Environnement du Québec. Première municipalité régionale à pousser aussi loin l’intégration des impératifs du développement durable, la MRC de Papineau se démarque en adoptant des normes relatives au développement du territoire agricole, à la protection des paysages forestiers, à la mise en valeur des rivières et des sites d’intérêts.

Le schéma d’aménagement révisé désormais en vigueur, la municipalité de Lac-des-Plages doit revoir son plan et ses règlements d’urbanisme, afin de se conformer aux nouvelles orientations du schéma. À cet effet, le 5 février 1999, le Conseil municipal adoptait une résolution indiquant sa volonté d’entreprendre officiellement le processus légal en vue de réviser son plan et ses règlements d’urbanisme.

Tout comme la première version du plan et des règlements d’urbanisme, les documents révisés tiennent compte de la réalité municipale et se veulent simples d’application. De plus, tant à cause de l’encadrement imposé par le schéma que par une volonté locale, ils sont similaires à ceux en élaboration dans bon nombre de municipalités de la MRC, ce qui en facilitera d’autant la mise en oeuvre. Dans certains cas, le libellé du plan d’urbanisme est très près de celui du schéma d’aménagement. Cette approche facilitera notamment l’évaluation de la conformité.

Cette nouvelle version du plan d’urbanisme de la municipalité de Lac-des-Plages présente d’abord un portrait de la municipalité. Suivent, les grandes orientations d’aménagement et les affectations du sol, qui fixent les balises de l’aménagement du territoire de Lac-des-Plages pour les prochaines années. Tel que prévu à la loi, il est également question de principales densités d’occupation, des tracés projetés et des types des principales voies de circulation.

L’ÉTAT DE SITUATION

2.1. PRÉSENTATION GÉNÉRALE DE LA MUNICIPALITÉ

La municipalité de Lac-des-Plages a obtenu son statut légal en 1950 et elle couvre une superficie totale de 121 kilomètres2. Elle est bornée, à l’est, par la MRC des Laurentides; au nord, par les MRC Antoine-Labelle et des Laurentides; à l’ouest, par la municipalité de Duhamel; au sud, par les municipalités de Cheneville, Saint-Émile-de-Suffolk et Ponsonby.

La population de la municipalité est de 380 personnes (1996). Elle est en expansion, même si la croissance est maintenant moins prononcée. La moyenne d’âge est élevée par rapport au Québec. La combinaison de ces deux statistiques démontre que des villégiateurs se transforment en résidents permanents lors de leur retraite.

L’évaluation municipale dépasse 43 millions de dollars. En dix ans, elle a plus que doublé. Les résidences secondaires représentent 60% du parc résidentiel, ce qui met en évidence l’importance de la villégiature dans la municipalité. Le nombre de résidences secondaires n’a pour ainsi dire pas changé au cours des 10 dernières années, ce qui tend à démontrer que la villégiature plafonne. Des projets aux lacs Carmin, la Carpe et Pierre devraient aider à relancer la villégiature. Présentement, on trouve des constructions résidentielles en bordure des lacs Des-Plages, Lévesque, Maskinongé et le long de la rivière du même nom.

L’exploitation forestière n’alimente plus l’économie locale comme par le passé, mais est essentielle au maintien et au développement des activités récréatives.

Il est à noter que l’économie locale éprouve des difficultés. Le taux de chômage est élevé, le taux d’activité est bas. Bien qu’on sente une certaine reprise, l’implantation de commerces et de services aux villégiateurs et aux touristes de passage présente l’avenue de développement la plus plausible, surtout dans le contexte des investissements majeurs au Mont Tremblant, à trente minutes de la municipalité.

À cet effet, le conseil municipal a jugé opportun d’entreprendre les démarches qui permettraient éventuellement à Lac-des-Plages de joindre la MRC Des Laurentides, ce qui accroîtrait significativement les liens socio-économiques avec cette région.

2.2 LA POPULATION

Entre 1951 à 1996, la population de Lac-des-Plages s’est accrue de plus de 51%, tandis qu’elle augmentait de 15,2% pour la MRC de Papineau. À l’exception d’un recul au tout début des années 70’, les statistiques démontrent une tendance continuelle à l’accroissement démographique, même si on observe un certain plafonnement entre 1991 et 1996.

STATISTIQUES DÉMOGRAPHIQUES – MUNICIPALITÉ DE LAC-DES-PLAGES

  • 1996 – 380
  • 1991 – 374
  • 1986 – 353
  • 1981 – 311
  • 1971 – 205
  • 1961 – 264
  • 1951 – 251

Source : Statistique Canada – Recensement 96

Variation de la population

  • Entre 1991 et 1996 – 1,6 %
  • Entre 1951 et 1996 – 51,4 %

L’explication de la tendance à la baisse des années 60 est relativement simple : cette décennie fut caractérisée par une évolution sociale vécue à la grandeur de la province. Il faut se rappeler le dépeuplement des campagnes lié à la rationalisation de la production agricole, de même qu’à certains changements sociaux (attrait de la ville, diminution du nombre d’enfants par famille).

La croissance de la population qui est observée depuis 1980 s’explique par l’implantation, sur une base permanente, de villégiateurs qui, à la retraite, préfèrent vivre dans un site particulièrement attrayant, plutôt que de demeurer en ville. À cet égard, tout comme dans le dernier plan d’urbanisme, les données de Statistique Canada viennent confirmer cette tendance, puisqu’à l’exception de quelques villages, les seules municipalités qui ont connu une véritable progression démographique sont celles où on retrouve une abondance de villégiateurs.

Autre indication, on constate que le pourcentage de la population âgée de 55 ans et plus est de 40,8%, soit le double de la moyenne provinciale (21,2%). De plus, l’âge moyen de la population de Lac-des-Plages est de 44,5 ans, ce qui est nettement supérieur à celui observé dans l’ensemble du Québec (36,3 ans). Enfin, le pourcentage des jeunes de moins de 15 ans est inférieur à celui de la province (14,5% contre 19,3%).

Tout concorde! Il faut toutefois noter que la tendance semble s’essouffler puisque la croissance entre 1991 et 1996 n’a été que de 1,6%.

L’établissement en permanence de cette population relativement âgée doit faire l’objet d’une réflexion par les élus municipaux, car ces contribuables ont des besoins spécifiques, notamment en termes de santé et de services sociaux.

Statistiques démographiques – municipalité de lac-des-plages (suite)

Composition selon l’âge de la population Total
Total – Toutes les personnes 380
Âgées de 0 – 4 ans 20
Âgées de 5 – 14 ans 40
Âgées de 15 – 19 ans 15
Âgées de 20 – 24 ans 15
Âgées de 25 – 54 ans 155
Âgées de 55 – 64 ans 65
Âgées de 65 – 74 ans 70
Âgées de 75 ans et plus 20
Âge moyen de la population 44,5
% de la population âgée de 15 ans et plus 85,5

Source : Statistique Canada – Recensement 96

Le revenu total moyen des citoyens de Lac-des-Plages (12 413 $) est largement inférieur au revenu moyen québécois qui atteint 23 198 $. C’était prévisible, le taux de chômage est de beaucoup supérieur (24,1%) à celui du Québec (11,8%), avec un taux d’activité très bas (44,6% contre 62,3%).

La situation économique de la population permanente de Lac-des-Plages n’est donc pas très bonne. De plus, seulement 40,3% de la population a obtenu un certificat d’études secondaires ou un diplôme de niveau supérieur, comparativement à 64,8% pour la Province. 8,1% de la population a terminé des études universitaires contre 16,9% au Québec. Signalons enfin que la grande majorité des emplois (88%) se retrouvent dans les industries de service (secteur tertiaire), ce qui met en évidence l’apport du tourisme à l’économie municipale.

L’économie de Lac-des-Plages n’est donc pas en très bonne santé. Bien sûr, plusieurs facteurs interviennent pour justifier cette faiblesse : les nouveaux résidents, sont pour la plupart des retraités (et n’ont donc pas des revenus élevés), l’importance du secteur tertiaire ( qui offre en général des emplois moins rémunérés que le secteur des ressources, par exemple), le milieu rural en tant que tel.

Mais plus que tout, les taux de chômage et d’activité démontrent la nécessité de relancer l’économie locale. À cet effet, la municipalité devra chercher à tirer parti de la proximité des installations du Mont Tremblant et de l’utilisation de la route 323 (qui traverse la municipalité) par les touristes qui fréquentent ce site depuis la région d’Ottawa-Hull.

Statistiques sur le travail et le revenu – municipalité de Lac-des-Plages

Caractéristiques Total Sexe masculin Sexe féminin
Caractéristiques de la population active âgée de 15 ans et plus
Revenu total moyen des personnes ayant déclaré un revenu ($) 12 413 13 112 11 593
Personnes faisant partie de la population active occupée 115 65 50
Personnes ayant déclaré des heures de travail sans rémunération 285 140 150
Personnes ayant déclaré des heures consacrées aux travaux ménagers, sans rémunération 285 135 150
Personnes ayant déclaré des heures consacrées aux soins des enfants, sans rémunération 95 50 45
Personnes ayant déclaré des heures consacrées aux soins des personnes âgées, sans rémunération 70 20 50
Taux de chômage en 1996 24,1% 33,3% 0,0%
Taux d’activité 44,6% 51,4% 36,7%
Caractéristiques de l’industrie pour la population âgée de 15 ans et plus ayant travaillé depuis le 1er janvier 1995
Total – Toutes les industries 130 80 55
Personnes travaillant dans l’industrie agricole ainsi que dans d’autres industries reliées à l’exploitation des ressources (secteur primaire) 0 0 0
Personnes travaillant dans les industries manufacturières et de la construction (secteur secondaire) 10 10 0
Personnes travaillant dans les industries des services (secteur tertiaire) 115 60 55

Statistiques sur la scolarité – municipalité de Lac-des-Plages (suite)

Caractéristiques Total Sexe masculin Sexe féminin
Plus haut niveau de scolarité atteint de la population âgée de 15 ans et plus
Total – Toutes les personnes âgées de 15 ans et plus 325 175 150
Personnes sans certificat d’études secondaires 195 120 75
Personnes avec un certificat d’études secondaires 40 25 15
Personnes ayant fait des études postsecondaires partielles (études postsecondaires non terminées) 15 10 10
Personnes avec un certificat ou un diplôme d’une école de métiers ou d’autres études non universitaires 50 10 35
Personnes ayant terminé des études universitaires 30 15 15
Plus haut niveau de scolarité atteint de la population âgée de 25 ans et plus
% de la population âgée de 25 ans et plus n’ayant pas fait d’études secondaires 33,9% 31,3% 33,3%
% de la population âgée de 25 ans et plus avec un certificat d’études secondaires ou un diplôme de niveau supérieur 40,3% 34,4% 50,0%
% de la population âgée de 25 ans et plus avec un certificat ou un diplôme d’une école de métiers ou d’autres études non universitaires 25,8% 15,6% 33,3%
% de la population âgée de 25 ans et plus ayant terminé les études universitaires 8,1% 9,4% 10,0%

Source : Statistique Canada – Recensement 96

2.3 L’HABITATION

La municipalité compte actuellement 699 unités de logements. La grande majorité des constructions sont des habitations unifamiliales isolées, puisqu’on ne retrouve que 6 habitations de 2 logements et que 2 habitations de 3 logements. Signalons la présence de 16 maisons mobiles.

Quatre-cent-dix-neuf (419) de ces habitations sont des résidences secondaires. Cette donnée met en évidence toute l’importance de la villégiature pour la municipalité. Il s’agit de 60% du total des logements. Lors de la réalisation du premier plan d’urbanisme, en 1987, on comptait 418 résidences secondaires pour 593 unités de logement, soit 70,5 %.

Deux constats s’imposent. Premièrement, malgré le nombre croissant de logements, le nombre de résidences secondaires est stable. Cette statistique corrobore la tendance observée précédemment concernant la transformation de villégiateurs en résidents permanents. Deuxièmement, le développement de la villégiature semble s’essouffler. La municipalité ne peut compter uniquement sur l’impact de cette activité pour soutenir son économie.

L’évaluation totale lors de la rédaction du premier plan d’urbanisme atteignait les 14,5 millions de dollars. Elle dépasse maintenant les 43 millions de dollars. Les habitations unifamiliales isolées, à l’exception des terrains, ont une évaluation moyenne de 41 730 $ (Rôle d’évaluation,1999). La valeur moyenne des résidences secondaires est de 39 610 $, alors que celle des résidences permanentes est de 54 915 $. La majorité des constructions sont situées en bordure ou en périphérie du Lac-des-Plages.

La qualité de l’environnement de Lac-des-Plages, notamment ses paysages, devra être protégée et accrue au fil des ans. Il s’agit là du dénominateur commun de toutes les activités qui s’inscrivent sur le territoire municipal, incluant les utilisations résidentielles. En conséquence, des normes concernant les constructions nouvelles et la rénovation viendront protéger la qualité esthétique du paysage. Il sera notamment question de la volumétrie et des matériaux prohibés. La municipalité verra également à protéger ses paysages forestiers. Il en sera question un peu plus loin.

2.4 LE TOURISME ET LA VILLÉGIATURE

La municipalité de Lac-des-Plages offre, à 1 ½ heure de la région d’Ottawa-Hull et de Montréal et à 1/2 heure du Mont-Tremblant, un cadre naturel propice à la villégiature et aux activités de plein air : activités nautiques, chasse, pêche, …

Tel que mentionné, on dénombre 499 résidences secondaires au rôle d’évaluation de 1999. Les retombées économiques reliées à la villégiature sont annuellement de 4 000 $ par unité, pour un total approximatif de 2 000 000 $ (excluant les retombées engendrées par les visiteurs des villégiateurs). L’économie en général et la fiscalité municipale en particulier sont donc largement tributaire de cette activité, même si le nombre de résidences secondaires est resté stable au cours des 12 dernières années.

Il reste toutefois des potentiels intéressants à développer ou en développement. Dans son plan quinquennal de développement de la villégiature sur terre publique, le ministère des Ressources naturelles a identifié un potentiel pour une quarantaine d’unités réparties équitablement entre les lac Carmin et Bélisle1. Dans la même étude, ce ministère constate que la municipalité de Lac-des-Plages est, avec Duhamel, celle qui présente le plus de potentiel de développement. Deux projets en bordure de lacs privés présentent également des possibilités intéressantes. Il s’agit des lacs Pierre (40 unités à vendre) et La Carte (60 unités déjà vendues). Cependant, ces potentiels ne pourront relancer l’économie locale. La municipalité devra se tourner vers les services aux villégiateurs, à leurs visiteurs et au tourisme engendré par le Mont-Tremblant pour y arriver.

La majorité des chalets sont implantés autour de quelques lacs dont le plus populeux est bien sûr le lac Des-Plages. Cette concentration crée une pression sur l’environnement qui a d’ailleurs été soulignée lors de la rédaction du premier plan d’urbanisme. Il sera donc important que la protection de l’environnement, notamment de la qualité des lacs, fasse l’objet d’une attention constante.

La firme L’Écart-type résume l’offre touristique de la MRC de Papineau en disant qu’il s’agit d’une «région fortement axée sur la villégiature (tourisme captif, fortement régional) et où le visiteur (touriste et excursionniste) peut retrouver un ensemble d’établissements, d’aménagements et d’équipements permettant surtout la pratique d’activités extensives diverses de plein air.»2

Contrairement à la MRC, la municipalité de Lac-des-Plages n’a pas été dotée « d’établissements, d’aménagements et d’équipements permettant la pratique d’activités extensives de plein air ». L’hôtel Mon-Chez-Nous entre dans cette catégorie. Il en est de même du camping de 60 emplacements qui a été implanté au nord du lac Des-Plages.

Ces équipements sont insuffisants pour que la municipalité tire pleinement parti du potentiel touristique présent. Selon le Plan de développement touristique révisé de l’Outaouais3 :

«La MRC de Papineau a reçu en 1994, 210 000 touristes et 155 000 excursionnistes canadiens. 80% de ces touristes provenaient du Québec et 20% de l’Est Ontarien; 77% des excursionnistes provenaient du Québec et 23% de l’Est Ontarien (dont 17% d’Ottawa-Carleton). Notons que les touristes provenant du Québec logent à 32% dans les chalets privés et 35% chez des parents et amis; pour les touristes ontariens, les pourcentages sont de 74% et 18%. L’importance de l’utilisation des chalets privés pour des séjours prolongés par leurs propriétaires, leurs parents et amis est bien sûr appuyée par la présence sur le territoire de […] chalets accueillant près de 20 000 villégiateurs qui s’ajoutent à la

1 Ministère des Ressources naturelles La villégiature sur les terres publiques – Plan régional de développement – Outaouais, Annexe 1

2 L’ÉCART-TYPE. Étude socio-économique préalable au concept de mise en valeur – Lieu historique national du Manoir Papineau, pour Parcs Canada, mai 1994, pp. 3-7 et 3-8. 3 Franco MATERAZZI Consult et collaborateurs pour l’Association touristique de l’Outaouais. Plan de développement touristique de l’Outaouais, mai 1996, p. 7.19.

12 Plan d’urbanisme Adopté le 7 juillet 2000 population permanente […]. L’on peut ajouter aux touristes canadiens visitant Papineau, près de 30 000 touristes étrangers (estimation de 30% de l’ensemble régional).»

Le défi pour la municipalité sera de parvenir à implanter des infrastructures touristiques de qualité d’abord pour les villégiateurs actuels et leurs visiteurs et, éventuellement, pour les touristes de passage. Ce constat est important car le développement de la villégiature malgré tout limité par l’espace disponible et le chômage est élevé.

Le schéma d’aménagement révisé souligne avec raison que l’axe Namur / Lac-des-Plages présente un potentiel de développement touristique élevé : potentiel touristique du lac Des-Plages, centre touristique de la Petite-Rouge, mais surtout proximité du lien interrégional de la route 323, voie d’accès à la région touristique des Laurentides et au Mont-Tremblant pour les résidents de la grande région d’Ottawa-Hull. L’implantation d’infrastructures capables de retenir cette clientèle serait un gage de développement économique important à l’année longue, puisque le ski alpin prend la relève en hiver.

À cet effet, il faut souligner que la municipalité tire de plus en plus avantage des retombées engendrées par les motoneigistes et les amateurs de véhicules tout-terrains. Lac-des-Plages a la chance d’être localisée en bordure de nombreux circuits régionaux et provinciaux qui attirent des touristes de tous les pays. De nouvelles structures d’accueil ne pourraient qu’exercer sur cette clientèle aisée un pouvoir d’attraction accru.

Signalons enfin le potentiel de développement associé aux cyclistes. Depuis 1995, le Conseil régional des loisirs de l’Outaouais (CRLO) travaille à l’élaboration d’un réseau cyclable en Outaouais et la municipalité de Lac-des-Plages est située sur l’un de ces parcours. Bien sûr, il ne s’agit que de projets en élaboration, mais il faut garder à l’esprit que le cyclo-tourisme engendre des retombées économiques importantes à ne pas négliger. À court terme, il ne faudrait pas minimiser l’intérêt de l’installation d’une piste cyclable locale pour accroître la qualité de vie des résidents et villégiateurs de la municipalité, car il s’agit là de la clientèle première qui assurera la relance économique.

Plusieurs options s’offrent à la municipalité, mais chose certaine, il sera important qu’elle joue un rôle actif de concertation et de promotion dans le domaine du développement touristique.

Dans cette optique, le projet d’agrandissement de la plage publique s’avère fort intéressant et en conformité avec les préoccupations véhiculées par le schéma révisé. Il en est de même pour le projet de construction d’une piste cyclable et de trottoirs au centre villageois.

2.5 LE CENTRE VILLAGEOIS

La municipalité ne dispose pas d’un véritable centre villageois. Il s’agit plutôt d’une zone étroite et allongée qui borde la rive est du lac Des-Plages dans laquelle les activités résidentielles et commerciales ont débuté, il y a quelque 60 ans et qui a poursuivi son développement d’une façon plus ou moins anarchique. Dans la partie nord

13 Plan d’urbanisme Adopté le 7 juillet 2000

de cette zone, on retrouve l’église et l’hôtel-de-ville, en descendant vers le sud, on rencontre l’embranchement de la route 323 avec le chemin du Tour du lac. L’hôtel Mon-Chez-Nous et la plage publique suivent, ainsi que quelques commerces disparates : restauration, station-service, dépanneur, … Au travers, un peu partout, des chalets et des résidences permanentes disposées sans véritable organisation spatiale.

Pour que la municipalité parvienne à relancer l’activité économique, il est essentiel qu’une partie de ce secteur devienne un véritable noyau villageois orienté vers les commerces de service touristique : restauration, hôtellerie, … De plus, il faudra que la qualité esthétique soit prise en considération. Déjà, dans le premier plan d’urbanisme, on soulignait que la municipalité devait offrir davantage aux villégiateurs et aux touristes.

La clientèle des villégiateurs et leurs visiteurs ne demandera pas mieux que de profiter de l’ambiance détendue d’un petit noyau de services touristiques. Éventuellement, les améliorations ne pourront que tenter les nombreux vacanciers qui empruntent la route 323 pour se rendre dans les Laurentides, notamment au Mont-Tremblant. En supposant qu’un jour la municipalité puisse bénéficier d’un investissement touristique d’envergure, elle sera prête à en tirer pleinement profit.

Signalons que la réfection de la route 323 en périphérie de ce secteur, tel qu’il a été recommandé par la municipalité et la MRC de Papineau en 1997 suite à la consultation menée par le ministère des Transports4, réduira la circulation, notamment la circulation lourde, le rendant plus attrayant aux piétons et cyclistes. Les projets de trottoirs et de piste cyclable s’intègrent parfaitement au tout.

Enfin, comme il serait difficile de développer l’ensemble de la bande riveraine dont il est ici question, la municipalité pourrait se concentrer dans un premier temps sur l’embranchement de la route 323 / chemin du Tour du Lac, en descendant vers la plage publique. Il est à signaler que la MRC de Papineau a produit en 1987 une étude pour la revitalisation du centre villageois de Lac-des-Plages. Plusieurs recommandations de cette étude auraient avantage à être analysées, malgré leur âge.5

2.6 LA FORÊT

Le territoire forestier occupe la grande majorité de la superficie de la municipalité. Le couvert forestier est à prédominance feuillue, caractéristique de l’ensemble de la région outaouaise. Il est en bonne partie sur terres publiques, notamment dans les parties nord et ouest du territoire.

Élément de support à de nombreuses activités (exploitation forestière, chasse, pêche, récréation), le milieu forestier est essentiel au développement de la municipalité, même si peu d’emplois y sont directement associés. Il faut en effet garder à l’esprit que la forêt est l’élément déterminant du paysage, une ressource essentielle au tourisme et

4 Cette consultation a été menée dans le cadre de la production d’une étude d’opportunité ( Ministère des Transports, Étude d’opportunité route 323 dans les Laurentides et l’Outaouais, août 1997). Trois options étaient présentées. La municipalité et la MRC ont retenu la deuxième avec préférence pour le contournement du centre villageois, mais à proximité de celui-ci.

5 MRC DE PAPINEAU, Municipalité de Lac-des-Plages, projet de développement et d’aménagement du centre
-village, août 1987.
14 Plan d’urbanisme opté le 7 juillet 2000
Ad

reconnue comme patrimoine naturel. Voilà pourquoi la municipalité de Lac-des-Plages a toujours participé aux efforts de la MRC de Papineau pour la protection des paysages forestiers.

Il va sans dire que l’utilisation polyvalente de la ressource forêt est de nature à créer des conflits, notamment sur terres privées où les usages, tels la villégiature, sont plus dispersés, tout comme les aires de coupes. Voilà pourquoi la mise en valeur de la forêt passe par un consensus de tous les usagers.

À cet effet, tout comme la MRC, la municipalité souhaite que les interventions se fassent suivant le concept de forêt habitée :

« … un nouveau mode de gestion par lequel les collectivités locales auront de véritables pouvoirs de gestion et d’intervention, pour mettre en valeur l’ensemble des ressources du milieu forestier de la zone habitée… »6

Certes, l’exploitation forestière n’est plus l’élément clé de l’économie de Lac-des-Plages. Cependant, le potentiel forestier se doit d’être à la fois protégé pour assurer la qualité des paysages et mis en valeur à des fins d’exploitation forestière, car l’apport de la forêt à l’économie régionale est essentiel.

2.6.1 La réserve faunique Papineau-Labelle

On retrouve à la limite nord-ouest de la municipalité quelque 1300 hectares situés à l’intérieur de la grande réserve faunique Papineau-Labelle. Sur ce territoire, l’exploitation forestière est une activité déterminante et le développement récréatif vient en complément. Voilà pourquoi les activités récréatives ont toujours été plus ou moins financées. Cependant, depuis le printemps 1995, la gestion de cette réserve est sous la responsabilité de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) qui se dit intéressée à assurer le plein développement de cet immense territoire.

Malgré l’intérêt indéniable et le potentiel de développement certain de la réserve Papineau-Labelle, elle ne représente pas un enjeu majeur pour la municipalité de Lac-des-Plages, à cause de la faible superficie du territoire situé dans la municipalité.

2.7 L’AGRICULTURE

L’agriculture est bien sûr marginale au Lac-des-Plages. La nature des dépôts, les pentes parfois prononcées et le climat imposent des limitations importantes. En fait, près de 90% des terres sont de classe 7 selon l’Inventaire des terres du Canada (ITC). Voilà pourquoi la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) n’a pas jugé bon de retenir ce territoire pour fin de contrôle.

Malgré tout, le rôle d’évaluation de 1999 indique la présence de trois producteurs agricoles (2 acériculteurs et 1 éleveur de bovins). Cependant, comme il s’agit d’une utilisation du sol marginale, aucune partie du territoire ne sera affectée à cette fin.

6 MINISTÈRE DES RESSOURCES NATURELLES. La gestion des ressources du milieu forestier habité – Rapport du groupe de travail interministériel sur la forêt habitée, Québec, juin 1996, p. 3.

15 Plan d’urbanisme Adopté le 7 juillet 2000

Dans tous les cas, l’agriculture devra être pratiquée dans le respect des normes appliquées, notamment celles du document complémentaire du schéma d’aménagement révisé concernant les usages et constructions liés à une production animale et liés à la production porcine et aux grandes productions animales.

2.8 LES ZONES DE CONTRAINTES

Les décisions concernant les zones de contraintes reposent uniquement sur les cartes interprétatives du cadre écologique de référence réalisé par la Direction de la conservation et du patrimoine écologique du ministère de l’Environnement et de la Faune et produites au schéma d’aménagement révisé.

2.8.1 Les plaines inondables, les rives et le littoral

Quoique sur le plan réglementaire, les plaines inondables, les rives et le littoral se distinguent, sur le plan écologique, ces trois entités forment un ensemble indissociable. Ainsi les rives, le littoral et les plaines inondables constituent un milieu sensible devant faire l’objet d’une réglementation particulière afin de le protéger adéquatement. En effet, en plus de caractériser la qualité du paysage, le réseau des lacs et cours d’eau constitue une richesse sur le plan écologique, lieu de nidification pour plusieurs espèces d’oiseaux et frayère pour de nombreuses espèces de poissons. La survie de plusieurs espèces animales dépend donc de la qualité de ce milieu et des efforts de protection que nous lui accordons. Il est également important de protéger les rives, ainsi que les espèces végétales qui s’y trouvent, afin de limiter les foyers d’érosion créés trop souvent par l’intervention abusive de l’homme et ayant pour effet de déstabiliser la rive. Enfin, la sécurité publique impose la délimitation des secteurs inondables et l’adoption d’une réglementation sévère pour éviter toute complication.

Puisque les plaines inondables des lacs et cours d’eau du territoire n’ont pas été cartographiées par le gouvernement dans le cadre de la Convention Canada/Québec sur la protection des rives, du littoral et des plaines inondables, la MRC a privilégié sa carte écologique pour cette tâche. Les zones inondables de ce plan d’urbanisme et du règlement de zonage, imposées par la MRC dans son schéma d’aménagement révisé, ont été cartographiées grâce à cet outil.

Il est cependant à noter que la carte écologique ne fournit pas d’informations sur les zones de récurrence 0-20 ans et 20-100 ans, non plus que les cotes exactes d’inondation7. La carte écologique donne simplement des informations qui permettent d’identifier des territoires à risque d’inondation d’une façon générale.

Une zone inondable a été cartographiée dans Lac-des-Plages. Elle est située à l’extrémité nord du Lac-des-Plages. Tel que demandé au schéma révisé et de façon à assurer une protection maximale à la population et à l’environnement, cette zone sera considérée comme faisant partie de la récurrence 0-20 dans sa totalité. Des normes seront prévues au règlement de zonage.

7 Ces données constituent la base d’application tant de la Convention Canada/Québec que de la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables du ministère de l’Environnement.

16 Plan d’urbanisme Adopté le 7 juillet 2000

Enfin, les rives et le littoral feront l’objet d’une protection particulière de la nature de celle déjà en vigueur. Les normes du document complémentaire du schéma d’aménagement révisé seront respectées.

2.8.2 Les zones à risques de mouvements de terrain

La MRC de Papineau dispose d’une carte interprétative identifiant les zones à risques de mouvements de terrain. Il faut cependant préciser qu’il ne s’agit que d’une évaluation empirique tirée de la cartographie écologique et que cette interprétation n’a pas fait l’objet de consultations auprès de spécialistes. La classification repose sur des critères liés à la pente, à la texture, à la pierrosité et au drainage.

Comme seules les classes à risques modérés et faibles ont été répertoriées sur le territoire de la MRC, aucune zone n’a été cartographiée pour fins normatives dans Lac-des-Plages. Déjà présentes au règlement de zonage, les dispositions particulières pour les terrains constitués de dépôts meubles de plus de 25% de pente moyenne devront y demeurer pour minimiser les risques.

2.9 LES PAYSAGES FORESTIERS

Le territoire de Lac-des-Plages compte des paysages forestiers superbes qui font partie de la richesse culturelle de la municipalité et supportent son développement récréo-touristique. Il est donc normal que la municipalité souscrive aux études de protection et de mise en valeur des paysages forestiers réalisées par la MRC de Papineau. Dans ce contexte, la municipalité assurera la mise en application des normes qui découlent des travaux de la MRC concernant la protection des paysages forestiers. Le règlement de zonage reprendra notamment les normes du document complémentaire sur l’abattage d’arbres dans les champs visuels des sites et corridors d’intérêt esthétique.

En outre, tel que demandé au schéma d’aménagement révisé, l’implantation des lignes de transmission hydro-électriques et des tours de communication sera interdite dans lesdits champs visuels de ces sites et corridors d’intérêt esthétique.

2.10 LES SITES D’INTÉRÊT ÉCOLOGIQUE

Le territoire de la municipalité, comme l’ensemble de la MRC, bénéficie d’une riche flore et d’une faune diversifiée. La municipalité souscrit entièrement aux objectifs du gouvernement du Québec de protection des sites sensibles connus d’intérêt écologique. À cet effet, le plan d’urbanisme identifie les sites d’intérêt écologique édictés par le ministère de l’Environnement et de la Faune via le schéma d’aménagement révisé. À l’annexe 1, on trouvera notamment la localisation des ravages de cerfs de Virginie et des héronnières à protéger.

Les ravages de cerfs de Virginie bénéficient d’une protection qui repose sur les normes reconnues régionalement et provincialement, peu importe l’affectation du sol dans laquelle ils se trouvent.

Plan d’urbanisme Adopté le 7 juillet 2000

En ce qui a trait à la sauvegarde des héronnières, des périmètres de protection devront être intégrés au règlement de zonage.